À demain Maurice place le design au service de l’artisanat, 
et non l’inverse.

À demain Maurice est un projet imaginé, et porté par moi-même, Harmonie Begon. (Je ne vais pas parler de moi à la troisième personne ! ) Je suis designer et illustratrice, diplômée en 2018 de la HEAR, à Strasbourg. J’ai passé mes cinq années d’études entre les ateliers de l’école, et des stages à l’étranger chez des designers ou des artisans. Depuis 2013, je construis ainsi ma pratique sur une approche technique et artisanale du design et de la création d’objet.

Parallèlement, mes recherches m’ont permis d’affirmer mon point de vue sur les mécanismes de production et de consommation des objets. Je revendique ainsi le choix de la production artisanale des objets comme un modèle, comme une alternative à la production industrielle. Je l’envisage comme un réel choix de société en regard des problématiques sociales, écologiques, économiques et éthiques que nous rencontrons.

À demain Maurice c’est ainsi un hommage à William Morris. Penseur britannique de la seconde moitié du XIXem siècle, il était entre autres designer, fabricant, poète, écrivain, conférencier, toujours engagé. Il est l’un des fondateurs du mouvement Arts & Crafts qui s’érige alors en réaction aux conséquences de la révolution industrielle. Celui ci revendique le travail fait main, d’abord pour le bonheur de celui qui réalise l’ouvrage de sa conception à sa réalisation, ensuite pour la qualité matérielle et esthétique des objets qui en résultent, mais surtout pour ses enjeux politiques.

« Ainsi, des thèmes en apparence mineurs – l’artisanat, la fabrication de ces humbles objets que chacun de nous utilise tous les jours, la beauté d’une modeste église de village, l’importance de ne pas abattre d’arbres à la légère – recouvrent en fait des enjeux sociaux et politiques très vastes. Morris ne sépare pas, il interdit de séparer la simple fierté du travail bien fait et la joyeuse utopie d’une société entièrement refondée.»

Préface de Francis Guévremont, Comment nous vivons, comment nous pourrions vivre, William Morris.

À demain Maurice défend également la sauvegarde d’un patrimoine artisanal non figé, mais dynamique et vivant, incarné par des artisans, pour une production d’objets en cohérence avec nos usages quotidiens contemporains. Il s’éloigne dont autant que possible de tous préjugés sur son essence traditionnelle, ou sa désuétude, mais également des dichotomies habituelles qui hiérarchisent les rapports entre « ceux qui conçoivent » et « ceux qui fabriquent », le « penser » sur le « faire ». 

Nous avons la volonté de construire des collaborations saines et durables, transparentes et justes. Chaque collaboration commence par la rencontre puis l’étude de terrain, la découverte d’un territoire, puis l’immersion dans l’atelier. De l’étude du terrain aux formes d’un design situé, nos objets émergent ainsi de cette observation participante, de l’écoute, de l’analyse de l’existant, du rythme, des contraintes, du travail de l’autre, et de sa prise en considération, et non d’une volonté extérieure au contexte.

« Dans un univers asservi par une misère abjecte, s’occuper de “faire joli” est un crime contre l’humanité. Toutefois l’homme a besoin de système et de structure qui dépasse ce qui est strictement utilitaire. Le plaisir, l’équilibre, l’harmonie de la proportion.»

Victor Papanek, Design pour un monde réél.

À demain Maurice, s’intègre et nourri des réseaux locaux afin d’avoir un impact positif sur l’environnement et l’économie locale. Par la mise en place de la pré-commande et de petites productions d’objets, nous respectons les ressources matérielles utilisées par les artisans, et ne rentrons pas dans une logique de sur-production ou de sur-consommation. C’est cette consommation raisonnable, qui nous permet de produire artisanalement des objets de qualité. Il s’agit, comme le formule Arjun Appadurai dans son livre Condition de l’homme global, de « remplacer les joies de l’éphémère […] par les impératifs du durable. »